Les enjeux d’un voyage autour du monde – choix et face cachée d’une telle préparation

La plupart des personnes que nous rencontrons, avec qui nous travaillons, les amis, la famille ont une vision magnifique du voyage, de notre futur périple et ils auront raison! Quelle plus belle aventure que de se lancer dans l’inconnu, la découverte des autres et de soi-même en traversant notre si belle planète …

Mais il existe aussi tout un travail de préparation, de recherches, de sacrifices cachés pour pouvoir vivre un tel périple.

 

                          Je souhaitais donc revenir sur l’envers du voyage…

 

Pourquoi voyage t-on? Quelles sources d’inspiration cherchons-nous?  Quelles capacités va t-on se découvrir ou mettre en pratique? Quel est le but ultime du périple?

 

 

Alors (avant que certains n’en viennent à vouloir me brûler sur le bûcher) non je n’ai pas envie de faire de la psychologie de comptoir d’autant que ne l’oublions pas je reste infirmière de métier mais j’avais envie d’expliquer un peu mes raisons et la préparation si ce n’est physique et administrative, au moins psychologique d’un tel voyage.

 

 

Un choix et des enjeux

un choix tour du monde

 

 

Plusieurs points me semblent importants à prendre en compte :

1- Tout le monde veut-il ou peut-il voyager autour du monde? (vous noterez la subtilité avec laquelle j’ai empêché la notion d’incapacité d’apparaître dans l’énoncé).

 

Chacun(e) de nous pourrait se lancer mais encore faudrait-il le vouloir. Il s’agit donc bien d’un choix de vie. Certains choisiront un toit sur leur tête plutôt que de faire un tour du globe ou bien décideront de s’acheter un monospace plutôt que de partir pour un Road trip américain. La vie est faite d’une jolie diversité et c’est là toute la beauté du monde.

 

 

2- Pourquoi décide t-on de voyager?

 

 

Il s’agit d’une réflexion avant tout personnelle (peut-être aussi professionnelle pour certains) mais quel cheminement intérieur nous conduit à voyager?

Pour prendre des risques? L’envie de quitter sa routine? L’envie de découvrir les richesses culturelles et naturelles du monde? S’éloigner de la civilisation et devenir un aventurier au cœur de contrées sauvages et inaccessibles? Simplement voyager pour se retrouver?

Pour ma part, j’ai eu besoin de couper court à cette routine « métro-boulot-dodo » devenue assommante ! J’avais envie d’être grisée à nouveau par le changement comme lorsque je quitte un service pour un autre et que tout est différent, nouveau et que je peux découvrir de nouvelles techniques, de nouvelles pathologies etc… J’ai toujours adoré la nouveauté (même si je dois l’avouer, elle me fait peur) et j’ai cette fois soif d’un ailleurs, de paysages à couper le souffle, de découvertes relationnelles uniques, de chaleur humaine et puis aussi et surtout j’ai besoin de me retrouver et comprendre ce que je suis réellement en capacité de faire et ce que je vais devoir apprendre.

Mon hypersensibilité dans ce monde en perpétuelle accélération est devenue difficile à gérer, ce flot interminable et vrombissant de va et vient, d’interactions rapides, éclairs, éphémères… Alors disons qu’il faudra aussi apprendre à canaliser toutes ces émotions.

 

 

3- Quelles sources d’inspirations cherchons-nous?

 

 

Ce qui nous inspire nous pousse vers de plus grands projets, nous donne un nouveau souffle, une idée directrice, n’est-ce pas là le but premier du voyage?

Cela peut être une plume, un tableau, un lever de soleil, un chant, une parole, un sourire…

                                Une muse voyageuse…

La mienne, ma guide, mon inspiratrice, c’est la nature. Peut-être parce qu’elle reste éternellement inflexible sur sa véritable nature, peut-être parce qu’elle partage encore des moments de sincérité avec nous, peut-être parce qu’elle subit notre perpétuel besoin de détruire et qu’elle se tient là, à attendre, à observer nos échecs, nos douleurs, nos violences sans pour autant cacher sa vraie beauté, ses larges et sublimes étendues d’eau, ses vastes plaines, ses sombres rochers, sa biodiversité…

« L’homme est un loup pour l’homme » mais peut-être l’est-il aussi envers celle avec qui il cohabite.

L’écologie est par définition, une science qui étudie les milieux et les conditions d’existence des êtres vivants et les rapports qui s’établissent entre eux et leur environnement, ou plus généralement avec la nature.

A présent, ce terme est tristement utilisé pour énoncer une manière de sauver ce que nous, êtres humains, avons maladroitement saccagé. Sans entrer davantage dans les détails, je dirais qu’il est important pour moi de préserver le peu qu’elle a encore à nous offrir et de nous engager à minima chaque jour pour tenter d’échapper à ce fatalisme écologique (économiser l’eau, recycler, éviter le gaspillage, éviter l’achat de produits nocifs etc…).

 

 

4- Quelle est la finalité de votre voyage?

 

 

Nous partons tous avec cette idée que le voyage va nous ouvrir à d’autres cultures, à d’autres perspectives mais savons-nous réellement ce que l’on attend de ce long périple?

J’ai choisi de ne pas me poser cette question. Pour plusieurs raisons : la première est qu’en partant, j’attends principalement un changement, un virage à 90° dans ma vie et que ce sera déjà en soi un objectif.

La seconde c’est que chercher nécessairement une finalité à mon périple, à le clôturer avant même qu’il n’ait commencé ne fait pas partie de mon tempérament rêveur (je n’oserais écrire imprévisible ce serait mentir).

Cela étant dit, j’ai dans l’optique d’améliorer mon apprentissage des langues, mon niveau en photographie et mes capacités d’adaptation. Et (si cela m’est possible d’opérer un tel changement) de me découvrir un côté davantage spontané, un peu moins organisé.

Maintenant, après avoir abordé quelques points cruciaux dans le choix du départ et ses enjeux, il est important de préciser qu’un voyage au long cours ça s’organise et ce financièrement parlant (en tout cas un minimum, même si beaucoup ont le cran de partir sans économies et je leur tire mon chapeau!). Il faut donc faire quelques sacrifices. Non, non, ne me jetez pas la pierre! Loin de moi l’idée de chercher la compassion, juste de rétablir quelques vérités sur les dessous d’un tel projet.

 

 

ALORS ATTENTION, SORTEZ LES MOUCHOIRS!

 

 

 

Les 5 choses que j’ai arrêté de faire depuis que j’ai décidé de partir autour du monde

sacrifices tour du monde

1- Manger 5 fruits et légumes par jour

 

 

Que celui qui souhaite réellement épargner sur le long terme me contredise mais sincèrement depuis plus d’un an, je ne jure que par mon plat de spaghetti-chèvre ou ma tranche de jambon sur sa tranche de pain de mie dont la date de péremption surpasse l’âge de ma mère-grand (odorante de conservateurs et autres privilèges de la malbouffe).

 

 

2- Aller au cinéma, au restaurant et autres sorties quotidiennes

 

 

Fini les « Aaaall by myselllfff » de Bridget devant grand écran. Fini les Sushis, makis ou autres spécialités bien agréables au palais. Fini les boîtes de Night, les festivals, les concerts… ( faisons tout de même attention, ma fenêtre est grande ouverte!).

Les rares sorties que je m’autorise sont pour des événements marquants dans la vie de mes proches. Et parfois cela peut amener à une incompréhension voire un éloignement dans certains cas de mon entourage puisque je le comprends tout à fait, mes priorités du moment divergent.

 

 

3- M’acheter la dernière paire de Louboutin 

 

 

Oui bon ça va… Ceux qui me connaissent savent bien que n’ai jamais privilégié le luxe mais enfin dirons nous que c’est fini les achats chez Pimkie, Etam, H&M et j’en passe.

 

 

4- Rouler en automobile (oui en voiture c’est bien aussi)

 

 

Malheureusement (ou heureusement pour moi), je n’aurais jamais pu épargner autant pour mon pré-voyage ( vaccins, billets d’avion, matériel… je vous ferai un petit point sur le budget à prévoir pour un voyage au long cours en mode backpack) sans la vente de ma quatre roues motrices. Je parcours donc ma ville, ses environs et me rends à l’hôpital pour travailler en bus.

 

 

5- Aller faire du sport en salle

 

 

Chaque centime est à conserver! Alors fini les soulevés de terre, les cours de trampoline, les sessions de RPM et bonjour la course à pied et la randonnée (c’est parfait aussi mais j’aimais le regroupement et l’ambiance que je rencontrais en salle).

Je suis cependant consciente que ces quelques efforts fournis ne prévalent pas sur les inégalités dans le monde.

Oui, je suis privilégiée.Honteusement privilégiée…J’ai conscience que quelque part dans le monde un enfant ne peut se nourrir, un adolescent ne peut avoir accès à l’eau potable, une femme est privée de sa liberté et de ses droits fondamentaux.

Et je voyage pour ouvrir les yeux, pour cesser de vivre dans une bulle, une jolie sphère sécurisée où l’on nous persuade que l’on ne manque de rien. De telles inégalités sociales ne devraient plus exister.

 

 

Voyager c’est s’ouvrir l’esprit, laisser entrer la différence.

Et vous quels sont les enjeux de votre voyage? Quels sacrifices avez-vous déjà fait pour voyager?

A plus tard les Mistouflons ^^

10 commentaires sur « Les enjeux d’un voyage autour du monde – choix et face cachée d’une telle préparation »

  • Coucou Gaelle!
    Quand on fait autant d’effort la recompense est d’autant plus belle 🙂 j’imagine que tu te leve deja tous les jours en te comptant les jours avant le depart 🙂
    Pour repondre a ta question je n’ai pas du tout eu la meme demarche. C’etait un reve d’etudiante que j’ai realisé a 30 ans le temps de rembourser mon emprunt etudiant et mettre de coté 😉 ce n’etait donc pas pour casser la routine mais plus pour accomplir un reve meme si c’est aussi le cas pour toi 😉 a bientot!

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    • Comme tu dis, je compte les jours en effet. C’est un magnifique rêve pour moi aussi qui deviendra bientôt réalité ( tout du moins, je l’espère 😊 ). Ta demarche à aussi prouvé ta volonté de réaliser tes envies! Merci pour ton gentil message !

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  • Je comprends tout à fait ta démarche et je vois que tu analyses cela avec beaucoup de sensibilité, de recul sur toi même et de lucidité. Tu voyageras les yeux ouverts et ça t’apportera beaucoup, j’en suis heureuse pour toi.

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  • Je te rejoins principalement sur deux points, qui m’ont beaucoup parlé :
    – l’hypersensibilité : c’est clairement ce qui me ferait peur lors d’un tel périple. Je suis très sensible moi aussi et je ne sais pas si j’aurais les épaules d’entreprendre un tel projet. Je t’admire d’autant plus…
    – l’éloignement des amis : je ne suis pas partie en tour du monde, mais fut un temps où j’ai vraiment du me serrer la ceinture pour pouvoir voyager autant que je le souhaitais, c’est à dire très régulièrement. Cela impliquait une restriction en bouffe, vêtements, etc, tout ce que tu cites et qui ne se voit pas forcément de l’extérieur. Mais également comme toi une restriction dans les sorties et notamment dans la participation financières aux anniversaires et autres crémaillères, sachant que j’avais un gros groupe d’amis à l’époque. Incompréhension totale et zéro dialogue, ils pensaient que je jouais les radines et menais la grande vie à côté, ça a fini en rupture totale.
    Parfois quand on n’a plus les mêmes buts dans la vie, l’amitié est difficile à faire perdurer on dirait…

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    • Pour moi, la sensibilité est une force pour voir différemment ce qui nous entoure ( même si évidement parfois nos émotions nous bouleversent) et tu es tout a fait capable d’un tel projet! Peut-être te lancera tu plus tard 😉 concernant les distances prises avec certaines personnes, cela reste en effet un point compliqué à gérer mais lorsque ce sont des personnes qui nous connaissent bien et nous portent vers d’autres projets, nous soutiennent, cela devient un vrai plaisir de partager car ils entendent très bien.
      Merci cindy pour ton message, je t’admire aussi beaucoup pour tes différents projets, pas nécessaire de faire un tour du monde pour se prouver qu’on peut réaliser de belles choses !
      A bientôt 😘

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  • Perso, j’ai toujours rêvé de voyager, mais j’avoue qu’il faut bien faire des sacrifices pour y arriver. D’ailleurs, j’ai l’intention de partir en solo au Japon et pour réaliser ce projet, je mise sur mes économies. Si ça ne suffit pas, un ami m’a conseillé de contracter un crédit à Grenoble et j’ai contacté un conseiller sur ce lien : https://plus.google.com/115227213203508985504 . J’attends d’avoir plus d’informations avant de m’engager.

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