Mon inoubliable expérience au cœur de l’Hiver Mongol avec Wind Of Mongolia

 

 

Il était important pour moi de rédiger cet article. Déjà pour vanter un peu les mérites de l’agence qui je dois le dire a fait un travail exceptionnel mais aussi et surtout pour donner davantage d’informations à ceux ou celles qui souhaiteraient s’aventurer en terre Mongole l’Hiver.

 

Non, ce n’est pas infaisable et bien au contraire ! J’ai peu eu de renseignements avant de partir sur les conditions de vie ou les séjours là-bas en Hiver et je voulais donc vous apporter un peu de mon expérience sur place.

 

 

 

Prêt(e)s pour l’aventure ? Alors c’est parti !

 

 

 

coucher de soleil mongolie arkhangai

 

 

 

 

Wind Of Mongolia, le début de l’aventure …

 

 

 

 

wind of mongolia agence mongolie

 

 

Comme je le précisais plus haut, les réponses sur les forums ou groupes concernant les séjours hivernaux en Mongolie se sont révélés peu fructueux mais j’ai tout de même eu quelques retours sur certaines agences dont celle de Wind Of Mongolia. J’avais aussi effectué en amont quelques recherches et je dois le dire honnêtement partir en Hiver sans agence est compliqué. Il faut nécessairement des locaux pour découvrir et parcourir la steppe. Les routes (si on peut à proprement parler de route) sont peu praticables (c’est d’ailleurs tout le charme des terres mongoles) et louer une voiture peut s’avérer compliqué voire dangereux seul(e) en pleine pampa.

Mais revenons donc à l’Agence. Après avoir contacté deux ou trois  personnes, j’ai immédiatement été séduite par la réponse de Joël. Vous me direz « mais qui est ce Joël ? » et bien c’est le Musher, accompagnateur montagne et le fondateur de l’Agence. Il est qui plus est Français (ce qui est fort appréciable pour s’informer sur les us et coutumes du pays) mais vit en Mongolie depuis maintenant quinze ans et travaille avec des locaux. Il a su entendre mes envies et attentes (et oh combien il a été patient) et m’a proposé un circuit adapté a ces dernières. Fort de son potentiel relationnel, c’est son intérêt pour le pays, ses valeurs, sa culture qui m’ont aussi touché. Loin de l’approche commerciale habituelle, il sait mettre en avant les atouts et le charme de la Mongolie.

 

 

 

… Un programme sur mesure

 

 

 

J’avais des attentes de contrées sauvages, d’animaux en liberté, de chien de traîneaux, de rencontres extraordinaires…Bref, une envie d’aventure et de dépaysement ! Mais alors que m’a proposé Joël ?

Il existe différents circuits hivernaux en chien de traîneaux plus ou moins longs à Terelj ou Khuvsgul. J’ai pour ma part choisi l’excursion sur les rivières Tuul et Terelj d’une semaine du 22 Novembre au 28 Novembre 2018. Puis, une immersion sans guide traducteur (vous aurez le choix, c’est à voir avec l’agence) en Famille Nomade durant quelques jours avant mon départ sur Hong Kong. Evidemment sur les conseils de Joël qui m’a bien renseigné et offert toutes les informations concernant l’équipement, les conditions climatiques, la culture mongole…

 

découverte chiens traineaux lac terejl wind of mongolia mongolie hiver

 

 

 

Arrivée sur la capitale et préparation de mon escapade sur le lac Terelj …

 

 

 

L’aventure débute en premier lieu dans la capitale mongole. Suite à mon séjour sur Oulan Oudé (la capitale bouriate) j’ai pris un bus de nuit qui m’a mené droit sur Oulan Bator. Matinale je le fus puisque je suis arrivée vers 7H30. Là, l’équipe de Wind Of Mongolia est venue me chercher pour rejoindre les autres membres du groupe (la future « DreamTeam » surnom que l’on s’était créé) et découvrir la ville.

Udval la guide mongole nous a ainsi présenté dans un français quasi parfait certains lieux importants à visiter tels que le monastère bouddhiste Gandantegchenlin, la place Sukhbaatar ou le musée d’histoire nationale. Le monastère fut notre première visite. Nous y avons découvert les prières bouddhiques, les croyances et les moines en Kesa (robe bouddhiste). L’endroit est très beau et dès l’entrée dans le lieu la Statue d’Avalokiteshvara nous accueille haute de ses 25 mètres.

 

 

temple oulan bator wind of mongolia mongolie hiver
Monastère Gandantegchenlin – Moine en Kesa

 

 

 

Par la suite, c’est en direction du musée où nous irons découvrir l’histoire du pays du paléolithique à nos jours (Gengis Khan fera évidemment partie intégrante de l’expansion de ce dernier). J’ai adoré la collection de vêtements nomades de l’époque et les objets et cartes. On y trouve 1500 pièces.

Pour finir et avant de rejoindre le camp de base où Joël et son équipe nous attendait, nous sommes passés sur la place centrale. Puis avons déjeuner avant de partir à l’aventure pour quelques heures en voiture.

A environ 80 km de la capitale Oulan Bator se trouve le parc national de Gorkhi-Terelj où se situe Terelj. Équipés comme jamais (parka moute forever) nous avons rejoint le camp de base.

J’ai occulté de vous dire que dans l’automobile (oui ou la voiture c’est selon), j’ai fait la connaissance de Marianne et Nicolas (un couple de Français adorable en quête de dépaysement et de rigolades), Marcello ( Italien ayant déjà pas mal bourlingué à travers le monde et vidéaste plutôt débrouillard sur le traîneau) et Mickaël (Belge à l’humour décapant, une frite une fois!). Le trajet s’est déroulé dans la bonne humeur et déjà l’ambiance bon enfant et blagueuse que nous allions fortement développer, se faisait sentir.

 

 

 

dreamteam wind of mongolia mongolie hiver (2)
DreamTeam

 

 

 

 

Une yourte chauffée au feu de bois, d’un bleu turquoise ravissant (qui change de l’orange traditionnel n’est-ce pas Joël) à la décoration agréable nous attendait. Tasses, lait et thé disposés sur la table pour se réchauffer. Je reviendrai sur l’équipement nécessaire pour affronter l’Hiver en Mongolie à la fin de l’article.

Après un bon repas, une bonne discussion, nous voilà parés pour attaquer dès le lendemain matin le circuit.

Je n’avais qu’une hâte découvrir les chiens qui allaient devenir nos compagnons de glace et pouvoir les approcher et jouer avec eux.

 

 

 

 

 

 

… Jour après jour l’immensité, les territoires et une nature sauvage s’offrent à nous

 

 

 

 

coucher de soleil ferme mongolie hiver circuit wind of mongolia

chien traineau lac terejl wind of mongolia mongolie hiver

 

 

 

Point de réveil, le soleil suffira à nous sortir des doux bras de Morphée. Point de stress non plus, chacun va à son rythme. Petit déjeuner, équipement, sortie et préparation des chiens. Tout se fait sans précipitation. Je commence à sentir un peu d’appréhension quant à mon côté pieds boules et mon instabilité probable sur le traîneau… En attendant, nous approchons des toutous pour les connaître, les caresser, leur parler. Ils sont déjà sur la « patte de guerre » et n’attendent qu’une chose : le départ! Ces amours de compagnons sont vraiment très beaux et doux. Nous découvrons les chiens de tête (ceux qui mènent le traîneau), ceux plus puissants (installés à l’arrière pour le tirer). Tous jouent un rôle très important quant au bon fonctionnement et à l’avancée de notre futur surf hivernal. Cela étant dit, le maître de cérémonie reste le Musher (Joël) sans qui leur entrainement et leur capacité à connaitre et maîtriser le terrain n’auraient pas eu lieu.

Le temps passe… Je sens qu’il est temps… C’est vraiment au moment d’harnacher les chiens et les placer un à un ( 5 à 6 loulous par traîneau) que je comprends que le départ est proche. L’excitation de ces derniers est à son comble, une véritable bombe à retardement est activée. Ils aboient, s’agitent en tous sens, semblent déjà partis au loin sur le lac gelé… Nous attendons patiemment le signal de départ de Joël, mes mains s’accrochent tellement fort sur les rebord du traîneau que j’en aurais quelques crampes par la suite… Mes pieds bien confortablement calés sur les patins, les yeux rivés sur le frein (sait-on jamais qu’il serve…). Attentive, anxieuse mais tellement excitée à l’idée d’embarquer dans ce monde nouveau.

Çà y est! Après les explications, le départ est lancé! Les chiens partent tels des fusées et nous emmènent vers des contrées inconnues. Les paysages somptueux, calmes, boisés, glacés, montagneux défilent… Un spectacle hors du temps, une véritable sensation de liberté et d’être la nouvelle aventurière du siècle (oui bon j’exagère peut-être un peu) me saisit et m’envahit. Je ne pense plus à la chute, je ne pense plus à mes pieds boules, je ne rêve que de continuer à surfer sur la glace. J’aime sentir le vent frais sur mon visage, regarder nos amis les bêtes se déchaîner sur le lac gelé et profiter du soleil et de ses rayons. J’aime ce que je vois. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas sentie si bien.

 

 

traineau circuit terejl wind of mongolia mongolie hiver

 

 

 

Devant et derrière le traîneau mes comparses se suivent et admirent eux aussi l’immensité des terres mongoles.

Nous nous arrêterons pour pique niquer et nous poser pour admirer la nature qui nous entoure. Ce premier jour, nous effectuerons 25 kilomètres sur le lac. Le soir, la yourte d’une famille nous attend. Nous nous reposons et profitons d’un bon repas au chaud près du poêle. Qu’il est bon d’être en Mongolie l’Hiver. Le froid là-bas est relatif, le temps est sec et donc bien couverte pas de ressenti douloureux de réfrigération foudroyante (j’admets cela dit que le vent peut s’avérer parfois un peu rude).

 

 

circuit chien traineau lac terejl wind of mongolia mongolie hiver (2)

 

 

 

En ce deuxième jour (et pas des moindres puisqu’il s’agit du 24 décembre soit le jour du réveillon de Noël en France) nous attaquerons quelques 35 kilomètres sur glace. Pongo, Tyson , Blue et les autres chiens Alaskans et Groenlandais de la bande auront un repos bien mérité. Une petite soupe et au lit !

 

 

 

circuit chien traineau lac terejl wind of mongolia mongolie hiver

 

 

 

Pour nous, ce sera un magnifique repas préparé avec amour par la famille nomade dans la yourte qu’ils nous permettent d’occuper pour la nuit. Joël nous a aussi réservé avec les autres locaux mongols une petite surprise en cette soirée si particulière. Il nous emmène avec les autres en forêt pour voir s’animer un magnifique feu, nous profitons évidemment de l’occasion pour ouvrir une bouteille de Vodka et autres nectars que nous dégusteront dans une ambiance chaleureuse, amicale et terriblement agréable. Ce sera mon premier réveillon sans ma famille et je penserai terriblement à eux. Mais pour l’heure, l’instant est à la fête alors Tchin-tchin!

 

 

 

 

repas mouton wind of mongolia mongolie hiver

feu fête réveillon noel mongolie hiver

 

 

 

Les trois jours suivants, nous effectuerons quelques 112 kilomètres pour rejoindre finalement le camp de base où nous étions arrivés. Les jours défilent mais ne se ressemblent pas. Les paysages non plus. Nous passons de la glace à la neige. De la steppe à la glace ou de la glace aux overflows (oui comment ne pas les aborder). L’overflow est le passage de l’eau par-dessus la glace quand cette dernière cède légèrement. Un moment assez impressionnant, très beau mais aussi très froid pour les pieds !

Je vous vois venir, vous vous dites « savoir freiner, passer de la terre à la glace, tenir sans tomber sur le traîneau… c’est quand même compliqué non? ». Et pour certain(e)s la question qui se pose est « faut-il être ultra sportif  pour faire du chien de traîneaux? ». J’avais avant de me lancer tous ces doutes quant aux capacités physiques à posséder pour mener à bien un surf sur la glace mené tambour battant par un groupe de toutous sur motivés. Joël m’avait évidemment rassuré et il est vrai que si l’on a déjà pratiqué le ski ou le vélo, tout est une question d’équilibre. Les vingt premières minutes, vous vous demanderez ce qu’il peut bien se passer et comment gérer cette nouvelle activité puis tout glissera comme sur de la glace!  Alors non, il ne faut pas nécessairement un gros bagage sportif (même si cela aide), s’appeler Mike Horn ou Pogba (bon j’aime pas le football mais je voulais le placer) pour partir à l’aventure avec nos amis les chiens!

 

 

 

ferme circuit chien traineau lac terejl wind of mongolia mongolie hiver

circuit chien traineaux mongolie wind of mongolia

 

 

 

Je dois aussi vous révéler mon secret (je n’ai pas l’âme de vous mentir même si j’avais préparé une superbe histoire). Durant ce séjour, vous savez maintenant que mon équilibre est précaire, j’ai chu au total trois fois…mais tenez vous bien ! Le tout sur un seul et même jour ! Une première fois sans raison près d’une barrière de bois, je me suis étalée tel un veau (évidemment cela à beaucoup fait rire l’assemblée). Puis une deuxième fois peu de temps après en voulant attacher la chienne de tête au traîneau. Puis une dernière fois sur le traîneau cette fois. Je crois bien que ce lendemain de réveillon fut très très… rude.

Ces jours ont été magiques, teintés de belles rencontres (où l’humour ne nous aura jamais abandonné) une « DreamTeam » toujours prompte à se laisser porter au gré du traîneau, à apprécier chaque moment, à passer des soirées à se marrer, à discuter, à en apprendre toujours plus auprès de Joël et son équipe sur les us et coutumes mongoles. J’ai vécu (malgré ma manie à vouloir tout contrôler, je continue dans la franchise) des instants de liberté, une totale perte de contrôle, un enrichissement personnel, des fous rires sans bornes… Je n’aurais pu espérer mieux !

 

 

 

coucher soleil wind of mongolia circuit terejl mongolie hiver

 

 

 

Le dernier jour, nous avons pu effectuer une jolie balade à cheval en forêt. Puis nous avons rejoins la capitale après avoir remercié Joël et toute son équipe pour leur professionnalisme et leur humanité. Photo de groupe oblige donc! Nous sommes rentrés sur la capitale en soirée et avons séjourné une nuit à l’Hôtel Edelweiss que je recommande chaudement (non pas uniquement pour leur carte de restaurant, quoique…).

 

 

 

 

chevaux sauvage circuit wind of mongolia mongolie hiver

 

 

 

Après une longue douche chaude (non pas que les lingettes en yourte me dérangeaient mais franchement un peu de chaleur et d’eau ne pouvait pas me faire de mal), je me suis préparée pour sortir avec la Team au restaurant (puis, mais nous ne le savions pas encore, en boîte).

Ce fut une soirée encore une fois exceptionnelle. Udval notre guide sera d’ailleurs de la partie et nous mangerons au UB Jazz Club, nous irons par la suite dans une des meilleures boîtes d’Oulan Bator « le Choco Metropolis Club ». Oui, oui nous avons craqué en rejoignant la capitale mais que voulez-vous, il fallait se défouler en zone urbaine…

Je commençais aussi à me préparer pour partir le lendemain afin de rejoindre une famille Nomade.

 

 

 

Il était une fois ma vie en famille Nomade …

 

 

 

coucher de soleil mongolie hiver arkhangai

 

 

 

L’endroit se situe dans la province d’Arkhangai. J’ai donc du effectuer quelques huit heures de bus afin de rejoindre la famille. Evidemment, l’Agence Wind Of Mongolia s’est chargé de tout concernant les transports aller-retour, l’hôtel etc… Je n’avais plus qu’à embarquer vers de nouvelles aventures !

Le trajet avec Sancha mon hôte fut épique. Il est venu me chercher pour m’emmener chez lui dans sa camionnette. Nous avions trois places à l’avant. Les routes (non pas celles de bitumes que nous connaissons chez nous) sont faites de terres, de steppes à perte de vue… Comment vous dire que je fus amusée et terriblement enthousiaste quant à la balade qu’il me faisait faire. Je sautillais sur mon siège en souriant bêtement, j’observais le jeu qui se créait entre cet homme et la nature. L’horizon à perte de vue, les paysages changeants à tout moment, un soleil au zénith, je me sentais sereine… J’ai croisé quelques vautours que Sancha me permettra de photographier et filmer en s’arrêtant puis des yaks, des chevaux sauvages… Les débuts d’une réelle immersion dans une contrée magnifique.

 

 

 

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Je précise que mon chauffeur est un tout terrain, à l’aise aussi bien sur terre que sur glace. Il traversera un lac gelé, puis une forêt, des monticules de terre… En bref, capable de s’adapter à tout. Pogma la femme de Sancha dont je vous parlerai par la suite s’amusera à me répéter « Sancha Taxi » car c’était la seule façon pour moi de décrire mon hôte au volant (oui, je sais j’aurai pu faire mieux!).

Une fois arrivés à la yourte, je découvrais une vallée sublime entourée de montagnes, de forêts, un espace immense habité d’animaux sauvages et de la ferme. J’assistais à la transhumance de Yaks, chevaux, moutons, boucs, chèvres. Le paradis sur terre. Je n’entendais au loin que quelques bêlements, le vent ou encore le rappel d’un éleveur à ses brebis.

 

 

 

 

 

 

C’est alors que Pogma fit son entrée. Cette femme aura marqué mon séjour. Âgée d’une quarantaine d’année, les traits durs mais cachant une générosité sans borne, le visage rond et les yeux doux, je cherchais son sourire. Elle m’accueillit dans la yourte et me montra mon lit. Un sommier classique doté de quelques matelas fins se trouvait sur ma gauche. Au centre se trouvait le poêle et la table et à droite leur lit. Je compris alors que je n’aurai pas réellement d’intimité.

Chaque jour, je suivais cette éleveuse pour tenter de comprendre leur mode de vie. N’ayant pas de traducteur, la communication verbale était limitée mais à force de répétition et surtout d’actions à ses côtés, j’ai fini par m’habituer à nos échanges faits de silence et de mots classiques tels que le soleil, le ciel, la neige… Je voyais son sourire grandir au fil des jours. Je l’aidais dans ses tâches quotidiennes du matin au soir afin de nouer une relation de confiance et intégrer au mieux leur manière de vivre.

Le patriarcat prime dans ces familles. Le premier servi à table est le mari puis les autres hommes et en dernier la gente féminine. Je vous épargnerai donc ma souffrance en arrivant sur place (moi qui suis résolument pour l’émancipation féminine) avant de comprendre en les les observant agir, toute la beauté de leur équilibre familial et de couple. Point d’écrasement, une juste harmonie dans les relations. La femme occupe une grande place dans l’organisation de la yourte, de la ferme et de la vie en général. Pogma gérait le ménage, la cuisine. Elle s’occupait de nourrir, de traire et ramasser les bouses de Yaks. Elle donnait le foin aux chèvres, boucs, Yaks chaque jour. Je l’admirais et l’observais effectuer sans piper mot son labeur quotidien. Elle semblait réellement heureuse et comblée.

 

 

 

famille nomade mongolie

 

 

 

Plusieurs membres de la famille nous rejoignaient régulièrement dans la journée dont sa petite fille, sa fille, sa sœur et son conjoint. Ils s’épanouissent vraiment au sein du cocon familial et leur vie est structurée en fonction de ce dernier. Les repas se font rarement sans l’entourage et jamais ils ne frappent à la porte, chez eux il faut entrer directement. Une seule entrée, une seule porte.

La vie quotidienne était simple. Des lingettes, un peu d’eau du lac pour se laver les dents, les mains, nettoyer la vaisselle et la rincer. Le panneau solaire leur fournissait l’énergie nécessaire pour la télévision (oui, la mondialisation et la modernité oblige) et l’éclairage le soir. Une grosse marmite pour faire cuire les aliments, une théière et des thermos pour conserver au chaud le thé et le lait de Yak de la journée. Vous l’attendiez? L’emplacement des toilettes… euh… c’était loin, disons que par -40 degrés il fallait anticiper ses besoins.

Chaque jour, Pogma se levait le matin vers neuf heures au rythme du lever du soleil (ils ont une bâche pour couvrir la yourte la nuit et l’enlèvent le matin) puis ajoutait quelques bûches de bois pour relancer le feu et chauffer la yourte. Elle préparait ensuite le petit déjeuner : d’abord le thé en versant l’eau puis en ajoutant l’herbe magique et elle patientait. Elle le versait dans un thermos puis ajoutait le lait de Yak (« Cyy » en mongol) et le conservait aussi au chaud. Nous allions ensuite nous occuper de ramasser les bouses de Yaks (ben oui la vie nomade ce n’est pas que respirer l’air frais, ramener les Yaks à la yourte et manger), donnions à manger aux yaks, aux chèvres et boucs et préparions pour les bébés Yaks de quoi les réchauffer le jour et la nuit (chaque jour nous déposions des braises chaudes dans deux cuves que nous disposions dans l’enclos ou en extérieur).

 

 

 

couper du bois mongolie famille nomade

 

 

 

Ensuite, nous retournions au chaud dans la yourte pour déguster un peu de lait de Yak et quelques biscuits mongols fort goûtus. Nous faisions la vaisselle, le ménage puis Pogma s’occupait du repas. L’heure chez eux a peu d’importance, nous déjeunions vers 15H30 et dînions vers 20H. Nous vivions tranquillement au rythme de l’Hiver, du lever et du coucher de soleil qui donnent cette si extraordinaire luminosité aux paysages.

 

 

 

 

 

 

J’allais marcher et me balader tous les jours afin de photographier toute la beauté des territoires mongols. Je vous l’avoue, les dénivelés étaient sacrément importants et je devais m’accrocher avec ma grosse parka et mes trois couches de vêtements pour ne pas rouler et me retrouver au fin fond de la vallée… Quelle magie, quelle simplicité! J’ai pu profiter de ces quelques jours pour retrouver un peu de sincérité, d’authenticité dans les relations, les choses qui nous entourent. Je me suis découvert un amour des animaux (bien sûr que j’avais auparavant) encore plus exacerbé. Les bébés Yaks me faisaient fondre avec leurs mous attendrissantes, leur façon de téter maladroitement leur mère.

 

 

 

balade arkhangai mongolie

ferme yaks mongolie

bébés yaks mongolie hiver

 

 

 

Concernant les us et coutumes, non ce n’est pas une légende le peuple mongol chante tous les jours. C’est une tradition et à la télévision mongole le chant est omniprésent. De même que le sport de lutte et l’équitation.

J’ai eu aussi la chance de fêter la fin de l’année avec Pogma et Sancha qui m’ont emmené chez leur fille où une superbe table était dressée. Une profusion de bonbons, chocolats, viande de Yak, légumes, jus de fruits, bière mongole et vin se présentaient à moi. Pogma était fière et heureuse de partager ce moment à mes côtés, nous avons d’ailleurs beaucoup ri et photographié ces instants. Elle aimait beaucoup regarder chaque jour mes clichés lors de mes balades et les vidéos que je prenais d’elle ou de Sancha au quotidien. Ce soir là (et je n’étais pas au courant) il fallut aller dans d’autres yourtes de famille comme le veut la tradition…ce qui sous entend manger à nouveau ce qui nous était offert. Je vous laisse imaginer (pourtant ventre sur patte que je suis) l’endurance nutritionnelle qu’il faut pour tenir le coup ! C’était tout simplement une expérience exceptionnelle ! J’ai ce soir là ressenti beaucoup de chaleur humaine, de sourires, de partage et j’ai apprécié l’attention toute particulière de Pogma envers moi.

 

 

 

nouvel an mongol

 

 

 

J’ai passé de fabuleux moments de découverte, de surprise, de joie, de tristesse aussi (ça fait partie du jeu lorsque l’on passe les fêtes loin de chez soi). Un séjour inoubliable au sein d’une famille adorable, compréhensive, aidante et aimante. Je reste encore très sensible à la seule évocation de ces morceaux de bonheur et de simplicité que j’ai pu partager à leurs côtés.

 

 

 

 

 

 

Avant de partir, j’ai transféré les photographies et vidéos sur le portable de Pogma (oui là encore rassurez-vous, ils ne vivent plus à l’âge de pierre) qui m’a immédiatement remercié par un large et beau sourire et un « баярлалаа » (« merci » en mongol) qui ont ravi mon petit cœur.  Toute cette aventure fut possible encore une fois grâce à l’organisation parfaite de l’équipe de Wind Of Mongolia qui m’a permis d’approcher ces instants au plus près et de trouver un peu de sens à mon voyage. J’étais en quête d’apprentissage sur de nouvelles cultures, de nouvelles langues et de nouveaux modes de vie, je n’ai pas été déçue.  Un grand merci donc à Joël et toute son équipe sans qui je n’aurais pu vivre autant de belles choses, à Pogma et Sancha pour leur accueil, leur générosité, leurs sourires et à la «DreamTeam» avec qui j’ai vraiment partagé de sacrées péripéties et fous rires.

 

 

 

yourte sous les étoiles mongolie hiver famille nomade

 

 

 

Conseils pratiques

 

 

 

Comment obtenir votre visa Mongol

 

 

 

Vous pourrez soit comme je l’ai fait passer par action- visas pour plus de rapidité et de simplicité administrative (il est cependant très simple à faire, j’avais juste regroupé mes deux visas : Russe et Mongol pour plus de simplicité) ou le faire par vous même de France ou en Russie au consulat de Moscou ou celui d’Irkoutsk. Il vous en coûtera 60 euros si vous le faites par vous même ou un peu plus de 100 euros en passant par Action-visas.

 

 

 

Les différents modes de transport pour rejoindre la Mongolie 

 

  • Vous pouvez choisir de partir là-bas en avion. Si vous passez par l’agence, ils vous réserveront un vol aller-retour ou simplement l’aller si vous préférez partir vers d’autres destinations par la suite. Vous pouvez aussi les réserver par vous même. Les prix varient selon les saisons et si vous prenez des vols avec ou sans escales.

 

Petite astucejetez un oeil sur le site Algofly, très pratique pour se créer des alertes et évaluer les bons prix des vols.

 

  • Vous pouvez aussi choisir le train et notamment de voyager à bord du  Transsibérien qui se rend en Mongolie.

 

  • Enfin, la solution la plus économique et écologique selon moi (celle que j’ai choisi) reste de rejoindre la Mongolie via le bus. Il est possible d’en réserver un partant de Oulan Oudé jusqu’à Oulan-Bator avec Naran Tour. Cela vous coûtera moins cher encore que le train soit 2200 roubles (un peu moins de 30 euros). Vous aurez à récupérer vos billets à l’hôtel byryatia et vous aurez deux départs : un le matin et un de nuit de 19H à 7h (celui que j’ai choisi). J’ai préféré passer une nuit à l’hôtel pour plus de confort, moins de précipitation et aussi pour découvrir un peu la ville.

 

 

 

 

Quoi donc emporter en plein Hiver Mongol ?

 

 

 

 

 

quels vêtements porter par grand froid

 

 

 

Voici une petite liste non exhaustive de ce que vous devriez penser à emporter :

  • Une crème type polaar hydratante protectrice grand froid 50 ml ou une crème au beurre de Karité pour bien hydrater la peau.
  • une crème solaire sans eau type glacier cream 50 ml (les crèmes classiques gèlent avec le froid).
  • un baume pour les lèvres.
  • Des chaussures type décathlon supportant -15 degrés minimum (elles m’ont peu coûté mais franchement je les recommande. Même par -30 degrés je n’avais pas froid). Cela dit, il s’agit de mes journées hors activité chien de traîneaux. Pour l’excursion choisissez les bottes grand froid que propose l’Agence, elles sont parfaites.
  • 2 bas et hauts sous vêtements thermiques ( Type Odlo collant warm black / t shirt x warm zip – Woolpower collant 200 / t shirt col rond 200 ).
  • Un pantalon de ski ou surpantalon type Millet.
  • Une bonne Parka type Parka Nuuk W fjällräven ( un indispensable, je ne l’ai jamais regretté !)
  • Une Polaire type Millet LD GRIZZLY BEELOFT BLACK.
  • Des Moufles (cela dit là encore l’Agence fournit des gants bien chauds).
  • Des sous gants type icebreaker quantum glove black.
  • Un Coupe vent type patagonia.
  • Un Tour de cou
  • Une écharpe
  • Une cagoule ( très important en cas de grand froid, couvrira entièrement votre visage, très pratique).
  • Un Bonnet chaud (doublé polaire).
  • Une paire de chaussettes en soie + plusieurs paires de chaussettes chaudes type décathlon.
  • Une paire de lunettes de soleil indice 3-4 car il fait grand soleil même l’Hiver en Mongolie
  • Dernier conseil, pensez à prendre quelques chaufferettes pour pieds et mains. Elles ne m’ont jamais servi mais d’autres amies m’ont confirmé leur intérêt certain dans certaines situations de grand froid. Vous pourrez aussi en trouver chez Décathlon ou dans d’autres magasins. Il existe aussi des chaufferettes rechargeables ou électriques (aaah la modernité!!).

 

Le tout est de bien cumuler les couches. N’hésitez pas à en mettre plusieurs. Et sincèrement, je suis partie avec l’appréhension d’être congelée sur place et jamais je n’ai eu vraiment froid (sinon une seule fois par grand vent). Protégez surtout vos extrémités (mains, pieds, tête, cou). Certes vous pourriez ressembler à une sorte de gros bonhomme Chamallow comme dans Ghostbusters mais ce sera pour votre bien. Mieux vaut rouler sur neige que de craindre les engelures…

 

 

 

Et concernant le matériel photographique?

 

 

 

 

utilisation appareil par grand froid

 

 

 

Si vous souhaitez comme moi conserver quelques instantanés, je vous conseillerai de faire attention sur plusieurs points :

 

 

  • Veillez à prendre avec vous une housse en néoprène (matière qui permet de protéger votre appareil et surtout d’absorber la condensation, ennemie jurée lors des sorties par grand froid…) ou en silicone.
  • Pour éviter cette fameuse condensation, ne tentez pas les grands changements de températures (ou tout du moins trop brutaux) du genre passer de 30 degrés en yourte à -35 degrés en extérieur! Laissez à votre matériel le temps de s’adapter et donc laissez le patienter dans sa protection quelques temps avant de dégainer. Pour pouvoir vous servir agréablement et sans soucis de votre compagnon de clichés, gardez le au chaud contre vous sous la parka ou sous votre doudoune.
  • De même évitez de passer d’un endroit chaud à un endroit très froid. Et ne vous dites pas pour compenser les rudes températures hivernales « Tiens, je mettrais bien mon appareil photo près du poêle en yourte ou près du chauffage! » Que Nenni! Laissez le encore une fois en paix dans sa protection.
  • Les batteries… Alors là autant vous le dire achetez en au moins deux ou trois pour pouvoir anticiper les fréquentes et fulgurantes décharges. Au contact du froid, elles se vident totalement et très rapidement.
  • Prenez quelques sachets gels silice dans votre sac. Ils absorbent l’humidité de l’appareil.
  • Petite astuce pour les frappadingues des connexions smartphone (oui j’en fait partie), achetez une paire de sous gants tactiles. Il vous laisseront le temps parfois de prendre vos clichés via le téléphone si vous ne pouvez le faire avec votre matériel photographique. Vous en trouverez chez Decathlon, chez la marque Icebreaker…

 

Faut-il nécessairement partir avec une agence de voyage?

 

 

 

Je me dois de nuancer mes propos mais pour moi en plein Hiver, la réponse est oui. Par là, j’entends contacter à minima des locaux (souvent les auberges de jeunesse proposent certains tours) afin de pouvoir circuler en terres mongoles. Pourquoi? Déjà parce que les températures et les conditions climatiques peuvent parfois être un frein à se lancer en solo. La saison est très peu touristique. Mais aussi et surtout parce que trouver son chemin dans les steppes et en territoire si vaste est très compliqué et vous aurez  au moins besoin d’un chauffeur afin de vous guider au cœur de ce pays magique!

L’avantage de l’Agence française en l’occurrence reste dans l’organisation, la logistique, la traduction et la compréhension de la culture. Entrer en pays mongol est une chose mais pouvoir cerner les us et coutumes, les traditions, la façon de vivre nomade de certains habitants en est une autre. Découvrir la culture d’un pays inconnu dans sa langue maternelle peut aider a répondre à certaines interrogations. Ce fut mon cas cas. J’avais énormément de questions et Joel à su y apporter des réponses concises tout au long du parcours.

Ceci reste mon appréciation personnelle. A chacun de faire ses choix et de s’organiser au mieux comme il l’entend.

 

 

 

Contacter l’Agence Wind Of Mongolia

 

 

 

Cette dernière fournit lors des excursions une liste du matériel et propose de louer certaines affaires telles que les gants, les chaussures, le duvet…

Si vous êtes intéressés pour un petit séjour en Hiver ou bien durant une autre saison, voici le lien de l’Agence Wind Of Mongolia. Ils disposent d’autres activités telles que de l’Alpinisme, du VTT, du Kayak…

Je précise que je n’ai aucun partenariat avec l’Agence mais qu’après un si beau séjour, je souhaitais partager mon expérience et mon ressenti auprès d’eux.

J’espère que cet article vous permettra de vous organiser au mieux pour un futur voyage sur place et que le partage de ces moments de vie en Mongolie vous aura plu.

Je me dirige actuellement sur Hong-Kong pour une dizaine de jours et continue mon périple autour du Globe.

 

 

 

Alors la Mongolie en Hiver vous tente ? Vous êtes déjà partis sur place ? Qu’en avez- vous pensé ? N’hésitez pas à laisser un commentaire, je serais ravie de vous lire.

 

 

 

 

 

A plus tard les Mistouflons !